Guerre ouverte au piratage
Nous avons tous été témoins ces dernières années de l’effritement du copyright dans la musique et les films face à l’explosion de l’ère digitale. Le sujet soulève les passions car il touche directement aux droits d’auteurs, à l’éthique, à la finance et à la légalité. Il y a débat au sujet de la génération moderne qui grandit avec l’idée que la musique et les films doivent lui être accessibles gratuitement. Et il y a un argument très juste soutenant que l’accès gratuit à ces produits permette également aux nouveaux artistes d’émerger et de prospérer rapidement. Certains soutiennent également que la vente de leurs t-shirts et tickets de concerts permet d’équilibrer leur manque de revenus. Quelque soit le coté duquel vous êtes, télécharger du contenu reste illégal et il y a une foultitude de conséquences positives ou négatives pour les artistes, ainsi que pour ceux qui profitent de leur travail.

En juin, la Digital Economy Act (loi du Parlement du Royaume-Uni qui régule les médias numériques) entrera en vigueur. Cette nouvelle législation va engendrer un changement majeur dans la politique digitale du Royaume-Uni puisqu’elle s’en prend principalement au piratage online. Et l’élément clé de cette loi va très probablement avoir des répercussions sur le monde occidental. De manière générale, ce projet de loi permet la suspension de la connexion Internet à ceux qui ne respectent pas de façon répétée le copyright (et ce malgré des alertes de leur fournisseur d’accès). L’industrie du divertissement a poussé dans cette direction, et de nombreux studios de cinéma ou de labels de disques majeurs seront enchantés si cela contribue à réduire le piratage.
Mais comment est-ce que cela va fonctionner ? Si les partages de fichiers sont identifiés et les alertes envoyées, alors le piratage devrait baisser de 70%. Si ce n’est pas le cas, des mesures techniques, telles que la déconnexion Internet des particuliers et des familles, peuvent être appliquées. De même, les sites Internet jugent que les délinquants peuvent aussi être bloqués. En effet, si le piratage est lié à une entreprise, l’amende peut s’élever jusqu’à £50 000 (environ 58 000€). Cela n’est pas anodin et il sera intéressant de voir si ces méthodes seront strictement et largement exécutées/mises en œuvre.
Avec un nouveau Gouvernement anglais potentiellement menaçant et l’arrivée de polémiques jusqu’à la promulgation de la loi, il est probable que certains de ces éléments soient tempérés. Mais quoi qu’il en soit, ce projet sera surement à l’origine d’un précédent que d’autres pays s’empresseront de suivre. Ce qui est avéré : l’industrie du divertissement sera ravie que des actions soient mises en place. Des milliers de réalisateurs et de musiciens suivront également de près les conséquences de cette nouvelle loi.









